Impression générale : beaucoup de trajet, petite baisse de tension. Première rencontre avec les paysages de carte postale…
Météo : Pluie, gris… pas beau du tout !
Ce que l’on apprend sur l’Ecosse et les Ecossais :
Jacobite, ce n’est pas la même chose que jésuite…
Comment s’écrit « île de Skye » en gaélique ?
D’où l’île de Skye tire-t-elle son nom ?
Météo : Pluie, gris… pas beau du tout !
Ce que l’on apprend sur l’Ecosse et les Ecossais :
Jacobite, ce n’est pas la même chose que jésuite…
Comment s’écrit « île de Skye » en gaélique ?
D’où l’île de Skye tire-t-elle son nom ?
En ce mardi matin, nous nous levons tôt pour être sûrs d’arriver à la gare pour avoir un train qui nous permettra de prendre le ferry à Mallaig… Cette première nuit sous la tente n’a pas été exceptionnelle : sol un peu dur, un peu froid le matin et bien sûr l’accueil des midges dès l’ouverture de la tente… La météo ne s’annonce pas terrible mais bon, on est plutôt concentrés sur l’heure donc ça et les midges on ne s’en inquiète pas trop…
Nous arrivons à la gare avec une quinzaine de minutes d’avance. La ligne de train qui relie Fort William à Mallaig est desservie une ou deux fois par jour (en plus des trains « classiques ») par le « Jacobite Steam Train », un train à vapeur ainsi dénommé car son tracé suit le chemin qu’ont emprunté les Jacobites il y a 3 siècles.
Mais qui sont les Jacobites, me direz-vous (« Oh oui, qui sont les Jacobites, Lucile ? »)… Alors pour faire simple (et en relisant attentivement le Lonely Planet tout corné, j’avoue…), à partir du 1er mai 1707, l’Angleterre et l’Ecosse se sont trouvées dirigées par un même roi. Or la famille régnante, les Hanovre, avait été choisie par le parlement anglais en 1701 et ça plaisait pas très trop aux Ecossais. Enfin plutôt ça plaisait pas très trop à une partie des Ecossais qui soutenaient le fils de Jacques VII, Jacques Edouard Stuart (ben oui : 5, 6, 7, Edouard Stuart, 9, …) et qu’on appelait donc des « jacobites » (parce que Jacques). Ils ont essayé de prendre le pouvoir à 3 reprises et ils ont fait une belle performance la dernière fois en 1745 puisqu’ils ont pris Edimbourg. Malheureusement pour eux, l’aventure s’est terminée en 1746, à la bataille de Culloden où les Jacobites se firent lamentablement écraser. Suite à cette date fatidique, des mesures drastiques contre les Highlanders et leur culture guerrière sont prises (confiscation des armes, interdiction du port du kilt – et c’est pas une blague - etc.) et c’est la fin d’une culture. Je lis en ce moment le journal de voyage d’un anglais qui a visité le coin en 1773 et qui rapporte les derniers signes de cette ancienne culture de clans propre aux Highlands. C’est très intéressant de lire les descriptions mais aussi l’analyse de ce bonhomme-là à une époque où on se rappelait des Highlanders de mémoire d’homme… Enfin, bref, même si c’en est fini de la révolte armée, comme je l’ai déjà écrit je crois, la haine des Anglais et une francophilie certaine sont restées de mise pour de nombreux Ecossais…
Enfin voilà pour les Jacobites, que l’on retrouve d’ailleurs régulièrement dans tout le pays (si vous y allez vous serez contents d’avoir quelques notions d’Histoire d’Ecosse !). Malheureusement le train à vapeur était complet ce jour-là (il faut réserver au moins une semaine à l’avance si ce n’est plus pour avoir une chance de monter dedans) et d’un autre côté on n’était pas trop dégoûtés car on a du coup pris la même ligne dans un train normal à un prix deux fois moindre et en arrivant à Mallaig en 1h30 au lieu de 3h. Pour ceux qui ont vu la série des « Harry Potter », avant d’arriver à Poudlard, le train passe sur un viaduc de pierre. Eh ben c’est à Glenfinnan, sur cette voie-là. A ce moment du voyage on n’assumait pas trop notre côté « touristes » donc on ne s’est pas rués sur les vitres comme d’autres passagers pour prendre une photo probablement floue … Pour voir de quoi il s’agit, je vous suggère donc de taper « Jacobite Steam Train » dans un moteur de recherche quelconque et vous devriez trouver sans problème le site en question avec quelques belles photos… Pendant le trajet, on bouquine tranquillement : moi La douane de mer de Jean d’Ormesson et Seb les guides Lonely Planet. On a beau en avoir 2 (celui en français dont je vous ai déjà parlé et un spécial rando, en anglais) je pense que Seb a assez souvent regretté de n’avoir rien pris d’autre, mais bon « c’est toujours ça de moins à porter ».
On arrive à Mallaig, sur la côte ouest de l’Ecosse, où la météo n’est pas meilleure, disons même qu’elle est franchement pire qu’à notre départ. Nous devons prendre un ferry pour nous rendre sur l’île de Skye. Nous en profitons pour prendre nos tickets pour les 3 trajets que nous aurons à faire en ferry au cours de notre voyage et attendons l’autorisation de monter à bord. Dit comme ça, ça a l’air simple mais ça s’avère plus compliqué à mettre en œuvre étant donné que le local de vente des tickets et d’attente est un préfabriqué un peu petit pour tous ces gens qui ont des gros sacs de rando… Ben oui, les autres ne restent pas là pour attendre, ils sont à voiture donc ils ne rentrent que pour acheter leurs tickets et retournent à l’abri dans leur voiture. Et évidemment notre tentative d’aller attendre dehors est vite découragée par la météo : il pleut et il y a un bon vent bien froid… Nous attendons donc dedans comme tout le monde. On finit par nous dire que le ferry est prêt et que nous pouvons y aller. Le contrôleur, qui nous accueille à bord, nous demande de remplir des petits coupons avec nos noms, prénoms, âge et ce genre de trucs, coupons qu’on doit lui remettre. Seb m’explique que c’est pour savoir qui est à bord en cas de naufrage. Rassurant. Le trajet est plutôt court (30 minutes tout au plus), c’en est presque décevant… Dommage, j’aurais bien aimé dormir un peu, mais enfin tant pis, nous descendons à Armadale.
Nous retrouvons le vent et la pluie sur Skye... J’ai lu pendant le trajet que « l’île de Skye (an t-Eilean Sgiathanach, en gaélique) tient son nom du vieux norrois sky-a qui signifie « île des nuages » - certainement en référence aux Cuillin Hills, sommets perdus dans la brume. » Personnellement, je n’irais pas chercher plus loin que dans la météo l’explication de ce nom… Au terminal du ferry il n’y a pas grand’chose et tout le monde va vers le bus qui est là : nous aussi. Il n’y a qu’un seul arrêt de bus et notre destination ne figure pas sur les horaires. Léger stress. On demande au chauffeur s’il ne passerait pas à Broadford, par hasard, et il répond que c’est sur son trajet… Ca nous rassure d’appendre qu’on n’aura pas à attendre plus longtemps dans le vent froid, nous chargeons nos sacs dans la soute et on est partis... Pas moyen de dormir dans le bus non plus car nous guettons notre arrêt et, comme je l’ai déjà dit, en Ecosse il y a intérêt à être réactif en bus ! Bon, c’est moins vrai sur les plus longs trajets où des arrêts précis sont logiquement définis et marqués, mais bon, quand même…
Nous arrivons à Broadford, où nous avons prévu de faire escale. L’auberge de jeunesse est pleine et le bonhomme nous encourage en nous disant que c’est pareil sur toute l’île. C’est pas grave on a nos tentes, on sera pas à la rue… Nous repérons un endroit où nous pourrons planter la tente le soir et partons en quête d’un bus qui nous conduira à l’Eilean Donan Castle, notre visite du jour... Le bus en question a une heure et demie de retard car un grave accident a eu lieu sur la route principale. On profite de ce temps pour papoter avec un couple de français d’à peu près notre âge qui projettent aussi de visiter le château. On se rend compte que nos circuits respectifs se ressemblent assez, mis à part dans l’ordre des lieux visités et aussi dans le style. Eux sont un peu plus « freestyle » dans le sens où ils ne réservent presque rien et un peu moins « roots » vu qu’ils se payent des Bed & Breakfast (équivalent de nos chambres d’hôtes) tous les soirs. Comme je l’ai déjà évoqué, le logement en Ecosse est hors de prix, et pour un « B & B » comme on dit, il faut compter en moyenne 25 livres par personne et par nuit. En plus, c’est plutôt risqué de ne pas réserver en Ecosse à cette période de l’année. Nous avons d’abord été très surpris par le nombre de B & B que nous avons vu (il semblerait que ça soit très commun pour les Ecossais d’ouvrir leur maison aux touristes dès qu’ils ont une ou deux chambres de libre) mais nous avons été encore plus surpris de voir qu’ils étaient presque tous blindés… Devant chacune des maisons qui faisaient B&B, il y avait une enseigne pour les repérer, généralement accompagnée d’un pannonceau amovible disant « No vacancies » (on a vite compris ce que ça voulait dire « complet »)… Bref, tout ça pour faire un petit topo sur les B&B et vous prévenir que c’est plus cher et aussi vous conseiller de réserver si vous prévoyez de partir en Ecosse prochainement...
En attendant le bus…Nous et nos potes français, on va donc au même endroit : le Eilean Donan Castle, le château dans lequel a été tourné LE fameux film culte Highlander avec Christophe Lambert dans le rôle principal… Oui, oui, ce même château que j’appelais depuis notre départ « le château d’Harry Potter »… (un peu longue à la détente, la meuf…). Un bus de remplacement finit par arriver et finalement nous y voilà... On croise en arrivant une famille de français dont le père et le fils d’environ 8 ans (ben oui, le fils, banane !) s’amusaient à se dire des choses sympathiques. Ainsi, au passage j’ai entendu le père dire au fils : « Si tu n’es pas sage, je te jette dans un nid de midges » (midges prononcé à la française avec un accent du Sud certain), délicate attention qui m’a fait penser à Gad Elmaleh (rappelez-vous de sa technique pour maîtriser son gamin à l’aéroport)… Sur le château, pas grand’chose à rajouter à la photo…
L’Eilean Donan CastleNotre longue journée de trajets (pas encore finie !) nous ayant pas mal cassé les pattes et quelque peu entamé notre dynamisme, nous décrétons qu’il est excessif de débourser 9,50 livres pour visiter l’intérieur du château. En plus, le Lonely Planet nous a révélé que le château avait été détruit en 1719 (après une défaite jacobite, comme de par hasard) pour n’être reconstruit qu’entre 1912 et 1932, et en plus il y a une éclaircie donc on va rester dehors… Nous nous posons donc une bonne heure près du château à bouquiner ou à regarder les autres touristes avant de repartir…
A ce moment-là, ayant récupéré un peu de nos facultés, nous décidons d’un changement de programme option « sécurité » : nous décidons d’avancer plus avant dans l’île pour ne pas nous crever avec une rando de fous le lendemain (ça, c’était la « formule offensive »)… Nous nous rendons en bus jusqu’à Sligachan, un endroit un peu insensé où il y a une auberge d’un côté de la route et un camping de l’autre. Une rivière passe au même endroit et aussi plusieurs chemins de rando… En clair, c’est un carrefour au milieu de nulle part ! Nous nous installons au camping et prenons une bonne douche pour commencer…
A ce moment-là, un autre « coup de bol » de notre voyage (enfin disons une autre curiosité qu’il nous a été donné de voir…) : l’équipe locale de jeux celtes a décidé de venir s’entraîner au camping ce soir-là. Le gérant est un pote à eux et les autorise à venir pourrir sa pelouse en s’entraînant au tir à la corde. Le principe est simple : on attache une grosse corde à l’arrière d’un vieil utilitaire, on met dans ladite bagnole un ado qui serre le frein à main avec un air démoniaque, et on tire comme des bœufs en criant « Come on ! » et en plantant dans le sol humide ses godasses spéciales (i.e. avec le talon renforcé par un morceau de fer). Bon, mais pourquoi qu’ils font ça les gars ? Ben en fait le lendemain se tient le concours annuel de jeux celtes à Portree, la ville la plus proche, et ils participent… Dommage qu’on ne soit pas là, mais enfin, l’entraînement valait déjà son pesant de cacahuètes, même s’ils n’étaient pas habillés en kilts… Mention spéciale pour la technique de l’équipe : un pied à la perpendiculaire de la corde pour s’assurer l’appui et l’autre qui pousse pour gagner du terrain. Mention spéciale aussi pour un vacancier allemand qui avait l’air d’un viking (il aurait aussi bien pu tirer avec eux sans que je trouve ça choquant) et qui arrosait joyeusement la troupe de schnaps entre deux traînages dans la boue… Même s’ils ne parlaient pas la même langue, je peux vous assurer qu’ils se comprenaient bien ! Au passage, c’est à cette occasion qu’on s’est rendus compte que les Ecossais n’étaient pas immunisés contre les midges (« Fucking midges », c’était là !). Faute de schnaps, je leur ai proposé le spray anti-midges qu’on avait acheté au cours de la journée : succès moindre mais bon, moi ça m’a fait plaisir !
Bref, voilà, encore une journée bien remplie, mais c’est pas tout ça : demain on commence vraiment le sport avec une rando donc on traîne pas ! On mange et au lit !
Ce qui nous attend demain… si les nuages se lèvent !


3 commentaires:
Bon ben, merci pour l explication .. j´ai compris le préfixe de Jacobites..mais pour la bite.. c´est quoi l´origine...???
;-)
Peut-être que c'était une promo de Géol?
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